L’illusion de l’entrepreneuriat en Afrique

youth_ict_1Dans une Afrique où 60% des chômeurs ont moins de 25 ans,[1] l’entrepreneuriat est devenu la panacée, la solution miracle privilégiée par les décideurs politiques et par les jeunes eux-mêmes. Cet engouement pour l’entrepreneuriat se manifeste à travers les innombrables programmes gouvernementaux en soutien à l’entrepreneuriat des jeunes (25% des projets y sont consacrés)[2], et aussi à travers le désir des jeunes chômeurs de créer leurs propres entreprises (35% des chômeurs envisagent de créer leur propre entreprise)[3]. Cet engouement correspond-t-il à la réalité de l’entrepreneuriat ? L’Afrique serait-elle une exception à cette réalité ? Existe-t-il des voies alternatives à l’emploi des jeunes en Afrique ? Cet article se propose d’ouvrir le débat sur ces questions.

La réalité de l’entrepreneuriat dans le Monde

Parler des limites de l’entrepreneuriat en Afrique fait tout de suite référence aux problématiques d’accès au financement. Il serait donc plus pertinent de commencer par examiner les performances des entrepreneurs dans d’autres régions du Monde où l’accès au financement et la bureaucratie sont plus favorables. A cet effet, les Etats-Unis d’Amérique seraient le bon cadre d’analyse puisque c’est dans cette fédération que l’on retrouve les startups qui ont eu le plus de succès au cours des 20 dernières années (Google, Amazon, Facebook, Apple). Or c’est justement dans cette région du Monde que les statistiques les plus récentes montrent un taux d’échec allant jusqu’à 50% des nouveaux startups.

Selon le graphique ci-dessous, seuls 50% des nouvelles startups ont pu réaliser un chiffre d’affaire six années après leur création. Celles qui ont réussi ne réalisent pas non plus des chiffres d’affaires importants. Ainsi, elles sont moins de 1% à pouvoir réaliser plus de 5 millions de dollars US de chiffre d’affaires six années après leur création. Cette distribution des chances de succès d’une startup est similaire à celle de la loterie : très peu de gagnants à l’exception de quelques chanceux. Tout se passe comme si seulement 1% des startups auront la chance de devenir de grandes entreprises, et cela dans un environnement où il existe très peu d’obstacles à l’entrepreneuriat.

On peut toutefois arguer que des entreprises ayant six ans n’ont pas encore atteint leur maturité et qu’il serait possible qu’elles réussissent plus tard. Cette hypothèse est largement remise en cause par une autre étude portant sur la valeur des capitaux propres de 22 000 startups créées entre 1987 et 2008 aux Etats-Unis (graphique 2 ci-dessous). Il en ressort clairement que ¾ de ces entreprises n’ont aucune valeur boursière de nombreuses années après leur création. Là encore, seulement quelques-unes, moins de 1%, parviennent à avoir une valeur boursière supérieure à 500 millions de dollars US. Il ne s’agit donc pas d’un biais lié au manque de recul : la réalité de l’entrepreneuriat est qu’à peine 1% des startups deviennent des grandes entreprises. La perception générale que l’on a de l’entrepreneuriat est largement biaisée par le fait que seuls les « success stories » sont présentées au grand public, occultant ainsi le plus grand nombre dont font partie les perdants, exactement comme dans le cas d’une loterie.

Jouer à la « loterie » de l’entrepreneuriat en soi n’est pas une mauvaise chose. Ce qui est dommageable, c’est l’illusion qu’elle donne à des centaines de milliers de chômeurs en quête d’emplois que leur avenir se trouve dans la création d’une entreprise. D’ailleurs, même du point de vue des revenus, un salarié est en moyenne plus riche qu’un entrepreneur.[4] Il existe certes des entrepreneurs multimillionnaires ; mais ils sont tellement rares que choisir d’être salarié garantit un revenu moyen supérieur à celui d’un entrepreneur moyen. Qu’est-ce qui pourrait donc faire la différence en Afrique pour que l’entrepreneuriat soit la solution contre le chômage des jeunes ?

L’Afrique serait-elle une exception ?

L’une des spécificités de l’Afrique est que la marge extensive de l’entrepreneuriat, celle qui englobe les activités économiques traditionnelles, est encore tout aussi importante que la marge intensive, i.e. celle qui regroupe les innovations. Cette importance de la marge extensive est liée à l’émergence graduelle d’une classe moyenne en Afrique avec des besoins nouveaux biens et services de grande consommation. Or, les technologies nécessaires à la production de ces biens et services ont déjà été développées dans les pays industrialisés et représentent l’activité de grands groupes industriels, que ce soit dans les domaines de l’agroalimentaire, des télécommunications, des transports, des services financiers etc. Dès lors, il y a peu de chance pour un entrepreneur local de réussir dans ces secteurs émergents en dehors de tout protectionnisme étatique.

C’est d’ailleurs ce que l’on observe dans la plupart des économies africaines, où les grandes surfaces ne sont pas l’émanation d’une fusion entre les boutiquiers du quartier, mais plutôt l’affaire des grands enseignes multinationales. Il en est de même dans les secteurs d’activités traditionnelles telles que les transports, l’énergie et le numérique. Certes, les multinationales qui investiront dans les secteurs d’activités traditionnelles vont participer à la création d’emplois. Toutefois, les nouveaux emplois ne suffiront pas pour combler les emplois détruits pour la simple raison que ces multinationales disposent de technologies de production très efficaces qui requièrent moins de main d’œuvre pour les mêmes niveaux de production.

Ce n’est d’ailleurs pas dans les secteurs traditionnels que l’on retrouve les jeunes entrepreneurs. Plutôt, ils s’investissent dans la marge intensive de l’entrepreneuriat. C’est ainsi que la plupart se retrouve avec des projets sur le numérique et les énergies renouvelables. Or, c’est justement à cette marge que s’applique les conclusions issues des études présentées ci-dessus sur les performances de l’entrepreneuriat dans les pays développés. Cette marge fait appel à de l’innovation, qui est par nature incertaine. Les services numériques ou d’accès à l’énergie apportés sur le marché ne vont pas nécessairement trouver de débouchés. C’est ce qui explique les taux d’échecs aussi élevés constatés aux Etats-Unis. Avant que Facebook n’émerge, il y a eu de nombreux réseaux sociaux similaires qui ont tenté en vain la même aventure. Il en est de même pour tous les autres services innovants dont les stars font aujourd’hui l’actualité dans les médias.

En Afrique, nous ne disposons pas encore de recul pour évaluer l’impact des nombreux incubateurs qui hébergent tous ces entrepreneurs qui veulent aussi tenter leur chance à cette loterie. Il n’y a cependant pas de raisons pour que l’Afrique offre des conditions de réussite plus favorables que celles qui existent déjà dans les pays développés ; bien au contraire les difficultés d’accès au financement et la bureaucratie restent encore des obstacles persistants sur le chemin de l’entrepreneur Africain. Face à cette impasse, existe-t-il d’autres voies vers l’emploi des jeunes en Afrique ?

Les voies de l’emploi en Afrique

D’emblée, il n’existe pas de solution miracle. On peut néanmoins s’inspirer des exemples des pays actuellement développés comme la France ou les Etats-Unis pour mieux identifier, s’ils existent, les leviers sur lesquels les Etats Africains peuvent agir pour promouvoir l’emploi des jeunes. D’abord, il faut commencer par imaginer ce que serait les employés des groupes français Renault ou Peugeot si ces entreprises de production automobile n’avaient pas été créées en France. Ensuite, il faut faire le même exercice pour chacun des grands groupes industriels français, que ce soit les chantiers navals, Airbus, la SNCF, etc. Typiquement, un seul contrat de construction d’un navire mobilise des milliers de salariés pendant dix ans, sans compter tous les sous-traitants. Il suffit d’en avoir 4 pour garantir un emploi à vie à ces milliers de salariés. Par conséquent, la solution à l’emploi des jeunes se déduit naturellement : elle s’appelle l’industrialisation.

Il s’agit là d’une solution qui se passe de démonstration. Mais c’est dans la manière dont on s’industrialise que se trouve l’originalité de l’approche que nous proposons. En effet, l’une des propositions phares pour l’industrialisation de l’Afrique est l’insertion dans les chaînes de valeurs mondiales.[5] Si les chaînes de valeurs mondiales peuvent être une solution, encore faudrait-il les identifier et pouvoir s’y insérer. L’imperfection de cette solution se trouve dans les difficultés de coordination entre des agents extérieurs au continent africain et ceux qui y sont présents. Pour cela, l’insertion dans les chaînes de valeurs mondiales ne se décrète pas, mais elle s’accomplit d’elle même lorsqu’une économie nationale présente des avantages comparatifs dans la production de certains biens et services intermédiaires ; ce qui n’est pas encore le cas dans la plupart des économies africaines. Un récent rapport du Center of Global Development montrait d’ailleurs que le coût de la main d’œuvre est plus cher en Afrique que dans des économies comparables.[6]

Les voies de l’emploi en Afrique se trouvent donc dans le développement d’un marché local mettant en concurrence des industries locales. Un exemple concret d’une telle stratégie consiste à attribuer les marchés publics à des entreprises locales mise en concurrence effective, car c’est cette dernière qui garantit que chaque entreprise fasse de son mieux pour s’approprier les dernières technologies afin d’être plus compétitive. C’est ce qui se fait partout ailleurs, notamment aux Etats-Unis, en Chine, et dans une certaine mesure en Europe. Une autre solution consisterait à inciter à la fusion entre des entreprises du secteur informel en contrepartie d’un accès subventionné aux financements privés. Ce qui peut permettre à ce dernier bastion des jeunes chômeurs africains de se mettre à l’abri de la vague de multinationales qui se déferlera sur le continent, attirée par l’émergence des classes moyennes et à la recherche de nouvelles sources de croissance. Ces solutions ne suffiront pas à elles seules à donner de l'emploi aux millions de jeunes chômeurs africains mais elles auront le mérite d'aller dans le bon sens de la lutte contre une situation qui menace la paix sociale dans les nations africaines.

Georges Vivien Houngbonon


[1] Chiffres 2009 du BIT cité dans les perspectives économiques en Afrique 2012 : http://www.africaneconomicoutlook.org/fr/thematique/youth_employment/

[2] Résultats d’enquête auprès des experts pays des perspectives économiques en Afrique (2012).

[3] Données issues des sondages Gallup World Poll (2010).

[4] Données du Bureau des Statistiques du Danemark portant sur l’ensemble de la population danoise.

[5] Le rapport sur les perspectives économiques en Afrique de 2014 discutait déjà de ce sujet comme le moyen par lequel l’Afrique peut s’industrialiser.

[6] Gelb et al. 2013. « Does poor means cheap ? A comparative look at Africa’s industrial labor costs » Working Paper N° 325, Center of Global Development.

Auteur: Georges-Vivien HOUNGBONON

D’origine Béninoise, il s’intéresse à l’économie, les mathématiques et la philosophie. Il est Ingénieur Statisticien, diplômé d’un Master en politiques publiques et développement et docteur en économie industrielle de la Paris School of Economics. En rejoignant l’Afrique des Idées, il souhaite contribuer à la réflexion sur la réduction de la pauvreté et des inégalités en Afrique.

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17 commentaires

  1. Très bel article Georges! Je suis d'accord qu'il ne faut pas que l'engouement actuel pour les incubateurs et l'économie numérique masque le besoin de vraies solutions structurelles pour lutter efficacement contre le chômage. Aux voies de solution que tu proposes, je rajouterais un enseignement technique et supérieur adapté aux réalités économiques et au marché du travail en particulier, de même qu'une vraie inclusion du paramètre emploi dans tous les partenariats public-privé, les transferts de technologie et les programmes de coopération.

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  2. Cher ami, permettez moi d'émettre des reserves sur vos arguments brillamment développés.

    Dans un premier temps, s'il est vrai que très peu de startup parviennent à être côtées en bourse dans les années suivant leurs créations, il convient de souligner que l'objectif premier des entrepreneurs n'est systématiquement de finir côté en bourse. Il faut donc recentrer le debat au risque de s'emmeler les pinceaux.

    Ensuite, si la problématique est "l'entreprenariat est il une solution au chomage", ma reponse est sans aucun doute "oui" et les statistiques le demontrent. Aux USA dont vous avez parlé, 49% des emplois sont générés par les PME-PMI. Elles ne finissent certes pas toutes comme Facebook ou amazone mais au moins elles representent près de la moitié des emplois. La situation n'est pas très différente en France et ou dans les autres pays occidentaux.

    En Afrique même si on reste sur les memes proportion en matiere de generation d'emplois, la problématique se situe au niveau de la contribution au PIB qui reste faible pour les PME/PMI (autour de 30% en moyenne contre 46% aux USA par exemple). Toutefois, que seraient ces chiffres si ces entrepreneurs courageux n'avaient bravé les nombreux obstacles pour offrir à bon nombre de jeunes la possibilité d'avoir un emploi?

    Si vous pensez qu'il suffit de grands groupes pour resoudre le problème de l'emploi, demandez aujourd'hui aux ouvriers des usines PSA ou Michelin… Pas sûr qu'ils soient du même avis. Et même ces grosses entreprises que l'on connait aujourd'hui n'auraient jamais existé s'il n'y avait pas d'etrepreneurs à la base. Elles ont presque toutes commencé comme des startup…

    Sans esprit d'entreprise, les Henri Ford, Edouard Michelin ou encore proche de nous, Aliko Dangote, Tony Elumelu n'auraient été que des simples employés passés incognito…. Et les centaines de milliers d'emplois qu'ils ont généré n'auraient jamais existé. Je passe sous silence les centaines de milliers de petits entrepreneurs qui animent l'économie de nos pays.

    Alors si la question est "l'entreprenariat est il la solution pour l'emploi", je repond "Oui". Et Faciliter l'accès au financement pour les PME constitue un moyen incontournable si on veut favoriser l'emploi des jeunes en Afrique.

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    • Tu as entierement raison, @Mcenach!

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    • Je suis du même avis que toi @Mcenach…

      Quand on dit entreprendre, on dit pas se lever un jour, penser à une idée, mettre en place l'idée le même jour, commencer à générer des revenus grâce à cette idée le même jour. Les meilleurs startups au monde ont tous passé des moments de courage pour en arriver là où sont-ils actuellement. En gros ce sont eux qui changent le monde aujourd'hui, avec leurs idées, leurs missions.

      "Un meilleur employé crée son propre emploi"

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    • Je suis d’avis. L’intérêt de l’article réside dans ce qu’il présente, non pas les limites, mais les exigences liées à l’entreprenariat. Ce que les présentes statistiques permettent d’affirmer est que la pérennité d’une affaire (entreprise) dépasse la seule question du financement. Elles ne remettent nullement en cause (à mon avis), le choix de l’auto-emploi comme voie d’insertion dans le tissu socio-économique.

      L’emploi salarié et l’auto-emploi restent les deux créneaux d’insertion socio-professionnelle. Lesquels se chevauchent, sont imbriqués l’un dans l’autre. En dehors des emplois créés par l’Etat, toutes les initiatives privées (multinationale ou cordonnerie de quartier) répondent de l’entreprenariat et tiennent une part prépondérante de l’offre d’emplois dans toutes les économies libérales.

      Ainsi, à la question « l’entreprenariat est-il la solution pour l’emploi ? » je réponds également par l’affirmative.

      Cela dit, l’industrialisation (mais pas à l’excès, sinon destructrice d’emplois) apparaît, à tout point de vue comme la solution pour la création de plus de valeurs, de richesses et donc d’emplois. Au demeurant, il n’y pas de contradiction entre entreprenariat et industrialisation.

      La formation, l’accompagnement (technique, financier, etc.), la bonne gouvernance (tant au niveau des projets financés que des programmes d’appuis), les qualités intrinsèques (intellectuelles, professionnelles, morales et humaines) des porteurs de projets sont autant de facteurs indispensables au développement de nos TPE/PME/PMI.

       

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    • Cher Mcenach,

      Merci pour vos observations.

      Oui, l'essentiel de l'emploi est créé par les PME et PMI. Cependant, ces PME-PMI se trouve dans une chaîne de valeur entretenue en amont par de grands groupes industriels. Si vous prenez par exemple l'industrie de l'automobile en France, vous trouverez en amont de grands groupes comme PSA Peugeot-Citroën qui entretient l'activité de tous les PME de frabication de pièces détachées, des concessionnaires, des garages de réparation, les compagnies d'asurance auto, etc. Sans l'activité de ce grand groupe, vous n'aurez pas les emplois générés par ces PME, et c'est ainsi que cela se passe partout ailleurs dans les économies industrialisées.

      Par ailleurs, l'activité de ces PME-PMI est loin de l'entrepreneuriat, du moins au sens où je l'entend dans mon article, et au sens où l'entendent les incubateurs disséminés un peu partout en Afrique. L'entrepreneuriat est synonyme d'innovation. Or, cette activité d'innovation est par nature incertaine. C'est pour cela que j'insiste sur le fait qu'elle n'est pas la solution au chômage des centaines de millions de chômeurs africains.

      Même si on ramenait l'entrepreneuriat à de l'insertion de PME-PMI africaines dans les chaînes de valeur, on se retrouve tout de suite devant l'impasse liée à l'absence d'industries sur le continent. Ou bien, les PME-PMI africaines vont-elles s'insérer dans les chaînes de valeur mondiales ? Si oui, mais à quel niveau ?

      Enfin, je n'ai pas assimilé la réussite d'une entreprise à son introduction en bourse. Je parle du chiffre d'affaires ou de la valeur boursière de l'entreprise, évaluée par des fonds de capital-investissement.

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      • Salut Geoges.Merci pour ton analyse.Mais je ne pense pas que dire que "L'entrepreneuriat est synonyme d'innovation." est à 100% vrai.Une entrepresise n'a pas forcement besoin etre innovante.Elle peut lancer un produit ou un service qui existe déjà.Exemple : frabrication de produits alimentaires.

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      • Salut Geoges.Merci pour ton analyse.Mais je ne pense pas que dire que "L'entrepreneuriat est synonyme d'innovation." est à 100% vrai.Une entrepresise n'a pas forcement besoin d'etre innovante.Elle peut lancer un produit ou un service qui existe déjà.Exemple : frabrication de produits alimentaires.

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  3. Salut, je pense que les deux positions sont valables. L'entrepreneuriat est un moyen de résorber le chômage, mais n'est certainement pas la panacée pour l'emploi. En Afrique, les PME donnent un emploi aux entrepreneurs eux-mêmes, pas à beaucoup de chômeurs: i.e. un bon projet qui est financé et réussit crée un petit nombre d'emplois, mais des emplois quand même. Le système n'est pas le même qu'aux USA ou Europe ou les réseaux sont plus fluides et solides (Silicon Valley ou Bade-Wurtemberg, cf Livre blanc). Donc il faut toujours encourager l'entrepreneuriat, même si ça ne suffit pas pour réduire le chômage. Là je rejoins Georges: c'est bien l'industrialisation la solution.

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  4. Bsr chers amis,

    Je voudrais,avec votre permission partciper au débat sur la prolématiqu de l'emploi des jeunes.D'emblé,je dois dire que je partage la position de Georges même si elle connait,comme toute thèse des limites.En effet,il ne dénie pas à l'entrepreneuriat son rôle dans la solution de la crise de l'emploi chez les jeunes en Afrique.Il suffit de vivre en Afrique,dans un pays comme le mien,le Sénégal,pour s'en rendre compte.Beaucoup de jeunes ,aujourd'hui,ont mis sur pignon des petits business qui génèrent des revenus non négligeables.Du domaine de la culture urbaine en passant par le domaine de l'artisanat,les jeunes ont fini de montrer leur créativité.Ils n'ont,pour transformer leur business en industrie,besoin que d'être accompagnés par les pouvoirs publics.

    Ce pendant,et c'est là oû la position de Gearges est intéressante,on doit pas tomber dans cette illusion de l'entrepreuneuriat comme ça était le cas toujours en Afrique:appliquer sans escprit critique les recettes conconctées dans les officines des cabinets d'études et/ou de consultance.L'afrique,doit,pour résoudre le problème du chômage de sa jeunesse,trouver des solution endogènes,en adéquation avec ses réalités socio-culturelles.Comment entreuprendre dans le contexte africain oû les jeunes peinent a avoir  le ticket du transport pour honnorer un rendez-vous avec un incubateur?

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  5. Keep on writing and chgunigg away!

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  6. L'industrialisation n'est pas un objectif en soi, et surtout pas une panacée qui se passe de démonstration. Je rejoins le commentaire de Mcenach. J'ajouterai trois choses. D'abord, prendre les success stories comme le modèle de réussite des entreprises, c'est un parti pris qui ne s'impose pas. Ensuite, l'idée que l'industrialisation est ce qui va sortir l'Afrique de la misère est une position purement idéologique, qui découle de la doxa du capitalisme industriel, mais qui ne tient pas compte des coûts humains, environnementaux et sociaux qu'elle engendre. Enfin, votre article ne tient aucun compte du fait que l'Afrique souffre d'un immobilisme qui tient, d'une part, à la corruption dans le secteur public comme dans le secteur privé, d'autre part, à l'existence de monopoles (d'Etat ou privés), qui interdisent la possibilité pour d'autres acteurs économiques d'émerger et d'exercer dans de bonnes conditions. Ainsi, le développement de l'emploi et de la prospérité en Afrique passe selon moi beaucoup plus par des réformes institutionnelles, par l'exercice de la justice, et de façon générale, par la réinstauration de l'éthique dans le monde de la politique comme dans celui des affaires.

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  7. Article intéressant. Oui l'entrepreneuriat est une solution au chomage mais il ne resorbe pas massivement le chomage. C'est plutôt l'industrialisation qui serait un reducteur massif. Mais dans un monde de plus en plus globalisé où la compétitivité fait la difference, la sous traitance des grandes industries de certaines activités qui ne soient pas leur activité de base aux PME peut créer les meme effets que l'industrialisation en termes de réduction de chomage. Ce qui va accentuer la spécialisation des entreprises au détriment de la diversité de leurs activités. La spécialisation me parait plus efficace que la diversification.

    Qu'il y ait plus d'echecs que de réussites est somme toute normal puisqu'un entrepreneur est comme un parieur. On perd plus souvent au jeu avant de ganer un gros lot. Et encore ce n'est pas valable pour tout le monde.

    Certes, l'entrepreneuriat n'est pas une solution miracle mais il est necessaire pour l'Afrique. Entreprendre demande une confiance en soi et en l'avenir. C'est refuser l'assistanat et la solution du moindre effort. C'est etre l'instigateur du changement et de la rupture. Tout ce dans l'Afrique a besoin.

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  8. je suis d’accord avec georges et tout ce qui pensent que les leaders africains ne doivent pas se détourner des réalités sociaux et économiques dont souffrent nos états pour brillamment nous proposer une solution entrepreneuriale. j’ai été particulièrement été d’accord avec cet article; l’industrialisation de l’Afrique ne saurait aussi apporter la solution miracle mais celle ci contribuerait énormément.

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