Pourquoi et comment investir dans l'éducation en Afrique ?

Education-AfriqueL’accès à l'éducation est un droit fondamental garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. C’est aussi un levier essentiel et un des Objectifs du Millénaire pour le développement : "d’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires." A deux ans de l'échéance, l'Afrique est encore loin du compte. Entre 1999 et 2008, le taux de scolarisation dans le cycle primaire y a progressé de 18% ; malgré cela, la région concentre encore près de la moitié des enfants non scolarisés dans le monde. Trente millions d'enfants en âge de fréquenter l'enseignement primaire restent absents des salles de classe sur le continent (dix millions pour le seul Nigéria). C’est 25% de moins qu'en 1999, mais toujours beaucoup. Le taux brut de scolarisation du continent reste faible : 105% au primaire, mais 45% au secondaire.

Priver d'éducation ces générations de jeunes africains n’est pas seulement une violation de leurs droits fondamentaux. C’est aussi un véritable frein à la croissance du continent, actuelle et future. Compétences manuelles et intellectuelles sont essentielles au fonctionnement des usines, et des administrations : elles déterminent le dynamisme des marchés, sont la condition sine qua non de toute stratégie de croissance endogène et encouragent la compétitivité. L’éducation est aussi indispensable à toute participation consciente et pleine à la vie citoyenne.

Les grands chantiers de l'éducation en Afrique

Dans la plupart des pays subsahariens d'aujourd'hui, le milieu scolaire (primaire, secondaire et universitaire) souffre de grandes faiblesses et d’incohérences structurelles :

  1. Les disparités géographiques et de genre restent élevées. Les zones rurales restent, en l’occurrence, des zones de seconde catégorie, pauvres en salles de classe et concentrant des ménages dont les revenus modestes sont un frein à la scolarité. Par ailleurs, le gap entre jeunes filles et jeunes garçons, en baisse depuis les années 1980, reste encore élevé au niveau de l’enseignement primaire. 
  2. La maladie et l'insécurité en milieu scolaire sont de véritables fléaux, parfois au cœur des systèmes d’éducation les plus sophistiqués du continent. La violence est endémique en Afrique du Sud, par exemple : une enquête menée en 2008 par le Centre for Justice and Crime Prevention (CJCP) portant sur les élèves du primaire et du secondaire, montre que 2 millions d’entre eux (15,3%) ont subi des actes de violence à l’école ou dans le voisinage immédiat de l’école .
  3. La possibilité d'étudier dans de bonnes conditions reste le privilège de quelques-uns. Les classes sont surchargées, le matériel scolaire vient à manquer. Le programme du ministère de l'éducation camerounais visant le ratio d'un manuel par enfant dans le primaire a largement échoué en 2012. Les plus jeunes restent contraints de partager leurs livres de lecture et de mathématiques, tandis que la plupart des étudiants d'université n'ont pas les moyens de se procurer des manuels hors de prix. 
  4. Plus préoccupant encore, à tous les échelons, un personnel enseignant qualifié et motivé vient à manquer. Pour rester sur l'exemple camerounais, des rapports accablants font état d'une majorité de professeurs de mathématiques qui ne possèdent pas de diplôme supérieur au baccalauréat et qui, en raison du manque de personnel dans leurs établissements, sont régulièrement amenés à assurer la permanence d'autres cours. En Angola, le taux d'attrition parmi les enseignants atteint 17%, chiffre record inquiétant et représentatif du profond malaise qui caractérise le milieu enseignant africain aujourd'hui.
  5. Le bien-être et la réussite des élèves et des étudiants durant leur scolarité n'est qu'une part du problème. Les efforts resteront vains tant que l'on ne s'inquiétera pas de leur sort à la fin de leur scolarité. L'angoisse d'un bon nombre de jeunes diplômés tient à leur manque de perspectives d'avenir. Ainsi, la fuite des cerveaux est un phénomène d'ampleur grandissante. Elle ne se résume pas au seul cliché médiatique de l’exode des médecins ghanéens au Royaume-Uni. Elle concerne aussi la fuite des enseignants du secondaire, autant que les étudiants les plus qualifiés du continent. Plus préoccupant encore, ceux restés sur place ou tentés par le retour se trouvent confrontés à un marché du travail pouvant difficilement absorber leurs compétences. De manière générale, l'Afrique contemporaine est confrontée à un paradoxe de taille : tandis que les jeunes sans diplôme vont grossir les rangs de la population précaire et vivant de l'informel, les jeunes qualifiés sont quant à eux de plus en plus soumis au chômage et au déclassement. Situation absurde que celle de ces nouveaux adultes qui, tels les 'doctorants camionneurs' du Nigéria , obtiennent les plus hauts diplômes universitaires offerts dans leur pays (doctorats, masters et MBA) pour se retrouver à des postes bien loin de leur niveau voire de leur domaine de qualifications.
  6. La résolution de ce problème fondamental se fera à travers la réforme obligatoire des programmes d'enseignement et la revalorisation de certaines filières, afin de retrouver l’adéquation entre les formations académiques et la réalité du marché du travail. Un déséquilibre existe aujourd'hui entre des formations surchargées mais sans débouchés, et des secteurs économiques qui manquent cruellement de personnel compétent pour soutenir leur essor. 

Bien des initiatives ont été menées – certaines sont casino spiele online encore en cours – afin d’améliorer l’accès à l’éducation en Afrique. Et les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies sont à porter au crédit de ce volontarisme. De toutes les régions en développement, l’Afrique subsaharienne vient en tête, par exemple, en ce qui concerne l’amélioration des inscriptions dans le primaire, depuis le début des années 2000. Le revers de la fortune est que ces succès ont été obtenus essentiellement grâce à la suppression des frais de scolarité dans les écoles primaires publiques. Ce qui ne résout nullement la question du financement à Meme si vous ne pouvez pas gagner de l'argent en jouant en mode fun, il se pretera a d'autres avantages, y compris simplement faire plaisir et d'apprendre a jouer a des jeux de casino a base de competences par exemple poker et le blackjack. long terme de l’investissement éducatif en Afrique. Et n’adresse sérieusement aucune des faiblesses structurelles identifiées plus haut. Il n’existe pas de solution simple et aisée. Relever le défi de l'éducation en Afrique est une tâche aussi fondamentale que complexe. 

Comment financer ces réformes ?

Les améliorations quantitatives et qualitatives, la rationalisation de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur, ainsi que l'adéquation de ce dernier avec les attentes du marché du travail, forment le grand chantier auxquels doivent impérativement s'atteler l'ensemble des gouvernements africains. Certains (Rwanda) affichent des progrès remarquables depuis dix ans, tandis que d'autres (Tchad) restent à la traîne. C'est parce que ces réformes de fond se rapportent toujours à cette éternelle équation qu'est la conjonction d'une volonté politique et de sources de financement. Il n'est jamais simple de dire comment donner une valeur positive à la première variable ; au moins peut-on dire qu'une bonne volonté ne sert à rien sans une bonne exécution, et inciter tout plan de réforme à se doter de dispositifs de pilotage clairs, com er akkurat det norske casinospillere er pa utkikk etter! Her far vi renspikket casinounderholdning, fabelaktige spill og ikke minst norske blackjack casino – deriblant Jackpot 6000! Les videre og fa all den informasjonen du trenger om dette helnorske casinoet!Generelt om NorskeAutomater. faits d'un leadership et d'organes partageant une vision commune et se répartissant des prérogatives définies. Preuve en est, le "plan décennal de développement du secteur de l’éducation" béninois souffre d'une organisation compliquée, au partage des tâches flou, rendant difficile la prise de décisions et causant retards et ralentissements dans leur mise en œuvre.

En ce qui concerne le financement des réformes, quelques recommandations plus précises peuvent être formulées. L'exemple du gouvernement sénégalais, qui consacre 40% de son budget annuel à l'éducation, nous rappelle que l'allocation de ressources n'offre pas, en elle-même, la garantie que ces ressources arriveront à bon port et seront utilisées à bon escient. La gestion saine, à tous les échelons, des fonds publics consacrés à l'éducation est une nécessité. Dérives et détournements n'épargnent pas, au niveau régional comme au niveau de l'établissement, l'exécution des budgets. La région du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, enregistre le plus faible taux de dépense par étudiant, tout en ayant le budget régional consacré à l'éducation le plus élevé du pays (environ 10,5 milliards de rands). Surveillance, contrôle et vigilance doivent être accrus afin d'éviter les pratiques frauduleuses ; dépenses et investissements doivent être mûrement réfléchis et concertés afin qu'ils résultent de la décision du plus grand nombre et servent au mieux les intérêts et les besoins urgents des étudiants.  

Plus de 25% du budget total pour l'éducation d'un grand nombre de pays africains est issu de l'aide internationale (42% pour le Mozambique en 2010). Pour certains, ce n'est pas assez ; pour d'autres, cela révèle surtout l'incapacité des pouvoirs publics à considérer les enjeux de l'éducation comme prioritaires. Parmi ceux-là, beaucoup louent l'essor de l'enseignement privé sur le continent africain. Faut-il en avoir peur ? Il est vrai que la privatisation de l'éducation en Afrique présente un grand nombre d'avantages. Elle est une réponse à la hausse de la demande en matière d'éducation à laquelle l'offre publique éprouve des difficultés à répondre – un véritable soulagement pour tous ces élèves confrontés à la différence de places disponibles entre le primaire et le secondaire. Elle permet d'offrir des services de meilleure qualité, en termes de personnel et d'équipements, grâce à des investissements privés croissants (l'éducation étant devenue un secteur prisé du marché des private equities africains) et des droits de scolarité, qui couvrent une grande partie des frais de gestion. Les exigences scolaires y sont généralement plus élevées, mais le sont également les résultats en fin de parcours, avec des taux de réussite nettement plus forts qu'ailleurs.  

Véritable pis-aller pour des familles déçues par l'enseignement public, le privé enregistre une attractivité spectaculaire depuis quinze ans. Au Kenya, au Nigeria, 40% des élèves sont inscrits dans un établissement privé. Complémentarité et concurrence saine entre public et privé peuvent découler de cette situation inédite, les performances du privé incitant le public à améliorer ses prestations, et vice-versa. Mais les risques sont aussi que l'éducation de qualité devienne un luxe de classes moyennes et supérieures. Les frais de scolarité opèrent déjà aujourd'hui une sélection matérielle à l'entrée qui pourrait s'accentuer, distordant l'égalité des chances en laissant les catégories populaires à la marge, facilitant la reproduction sociale en dotant de moyens supplémentaires les parts de la population déjà les mieux dotées pour réussir. Un tel schéma d'inclusion/exclusion est d'ores et déjà en train de se produire géographiquement, les établissements privés s'installant rarement dans les campagnes, comblant donc moins un vide que ne concurrençant les établissements publics sur leurs assises territoriales les plus solides. La privatisation peut être une solution aux problèmes de l'enseignement africain aujourd'hui ; mais sa mise en place n'est pas sans risques, et ne doit certainement pas se substituer aux prérogatives universelles de l'Etat.

Félix Duterte

Auteur: Félix Duterte

Félix Duterte est étudiant en Master à Sciences Po Paris. Mi 2011, il est parti vivre un an à Johannesburg ; son expérience a changé sa façon de concevoir le pays, et l'Afrique en général. Il est revenu avec peut-être moins de certitudes, mais définitivement plus de convictions. Ainsi, son rêve ne serait pas qu'on vienne plus en aide à l'Afrique, mais bien qu'on la laisse enfin tranquille - qu'on la traite comme l'égale du reste du monde. Il espère pouvoir orienter son parcours professionnel dans la réalisation de cet objectif. Passionné de politique et de musique du monde, il a créé à Sciences Po en 2010 Moustache Magazine, un journal satirique et culturel participatif (arrêté en juin 2011).

Partager cet article sur :

4 commentaires

  1. Merci Félix pour ce Panorama très pertinent des misères et des espoirs de l'éducation en Afrique.
    L'exemple du Rwanda reste saisissant car ce pays est en passe sinon a déjà réalisé les OMD en termes d'éducation. La question est: quels sont les facteurs qui ont favorisé la réussite du Rwanda?

    Répondre
  2. Merci Ama pour ton commentaire. Pour ce qui est de ta question, je ne me suis malheureusement pas assez penché sur le cas Rwandais pour pouvoir prétendre y répondre… Moi aussi je souhaiterais en savoir un peu plus sur cet exemple intriguant. Je serais tenté de te répondre que, déjà, la taille réduite du territoire joue beaucoup dans l'obtention de résultats aussi remarquables… Mais je n'oserais m'aventurer plus loin.

    Répondre
  3. Il faut une révision des programmes scolaires en Afrique. Au Mali l’Afrique et le Mali sont enseignés en fin de programme. C’est une période où les élèves sont épuisés et ne tirent aucun profit. J’avais attiré l’attention des autorités en charge de l’éducation mais sans succès par ce que c’est l’ UNESCO qui impose les programmes aux pays Africains par le biais des financements.

    Répondre
  4. Article très utile et édifiant. Ce rôle de l'UNESCO que Maiga souligne est vrai. Il faut y ajouter que l'éducation ne joue pas vraiment le rôle d'ascenseur social en Afrique. Etre instruit n'ouvre pas les portes du marché de l'emploi comme cela devrait être le cas. D'autres facteurs neutralisants jouent dans la dévalorisation des études par le groupe social: castes, ethnies, coutumes, ou autres effets de mode comme la lutte au Sénégal. On peut donc être rabaissé au plus bas rang social même si on a fait de bonnes études, d'autant plus que les aggrégats macroéconomiques (offre d'emploi largement supérieure à la demande par exemple) n'y aident pas.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *